Les poteries sans valeur ou l’expérience de la fragilité, du mourir

Les poteries sans valeur ou l’expérience de la fragilité, du mourir
Parole du jour commentée : 2 Cor 4, 7
Les Apôtres étant les colonnes de l’Eglise, ce qui est dit aux Apôtres est dit à toute l’Eglise.
Nous sommes tous des apôtres. Apostolos, l’apôtre, cela vient d’un verbe grec qui veut dire « envoyer ». Nous sommes tous des messagers d’une Bonne Nouvelle. Nous avons tous quelque chose à annoncer. Mais qu’avons  nous à annoncer au juste ?
Saint Paul affirme: « L’Ecriture dit : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ».
Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons.
Si on ne croit pas, on n’a rien à dire. Si on croit, on ne peut pas s’empêcher de parler de ce qu’on croit. C’est déjà le cas pour les choses humaines courantes. Si nous avons des convictions, nous aimons bien les partager. Mais la foi dont je vous parle depuis le premier jour, cette foi déborde de moi vers les autres. La foi est cette intimité, cette relation avec le Seigneur, cet émerveillement, cette miséricorde dont je bénéficie, ce salut qui vient me chercher, cette conversation intérieure, ce dialogue dans mon cœur, cet amour, cette amitié pour Jésus. Si je crois – parce que je crois – , je parle. Il y a parfois des prédications qui endorment tout le monde parce qu’elles sont comme des coquilles vides.
C’est -à- dire que tout est correct, mais il y manque juste une chose : la vie. C’est comme quelqu’un qui parlerait de l’amour parce qu’il a lu beaucoup de livres à ce sujet, mais qui n’en aurait pas l’expérience ! L’Apôtre, c’est celui qui parle de ce qu’il croit. Ce n’est pas compliqué à comprendre. C’est juste compliqué à vivre.
L’Apôtre, l’envoyé, est envoyé pour parler de ce qu’il croit. Que croit – il ? C’est extrêmement simple.
Vous ouvrez les Evangiles. Tout commence lorsque Jésus ressuscite et qu’il apparaît aux disciples. Que proclament alors les Apôtres ?
« Christ est ressuscité ! »
C’est comme cela qu’en Orient, on a rajouté : « Il est vraiment ressuscité ! » À la Thumenau, à Pâques, nous aussi, nous proclamons :
« Christ est ressuscité ! »
« Il est vraiment ressuscité ! » C’est magnifique de dire cela, mais de le vivre, c’est autre chose. Par exemple, vous sortez dans la rue, vous prenez le tram et vous dites aux gens qui sont là : « Christ est ressuscité ! ».
Alors le plus courageux vous répondra: « Ah oui ? La mort n’a pas le dernier mot ? Je viens de perdre mon frère, mon mari, mon épouse, ma mère, un enfant, un ami. Ah bon, Christ est ressuscité ? La mort est vaincue ? Comment vais – je croire ce que tu dis ? ».
À cet instant, on en vient au fait même de cette épître. Comment la parole « Christ est ressuscité ! » va -t-elle être une parole de vérité, si ce n’est parce que nous – mêmes, nous faisons l’expérience d’être morts et d’être ressuscités, d’avoir été morts et d’être revenus à la vie, de connaître ce que c’est que de mourir et de revenir à la vie ?
C’est ce que signifie cette épître lorsque Paul dit : « Nous avons un trésor. » Le trésor, c’est l’annonce que Christ est ressuscité. C’est notre foi.
Sans la foi en la résurrection, nous ne sommes pas chrétiens. Jésus n’est pas un sage de l’humanité.
C’est le seul qui soit mort et ressuscité. C’est lui qui nous sauve. Voilà l’annonce, et elle se fait par des vases d’argile.
Avec les vases d’argile, nous avons la clé : à l’époque, une poterie, un vase d’argile, cela signifiait quelque – chose d’ordinaire.
Dans le mot «ordinaire», il y a un peu une connotation méprisante. C’est une poterie sans valeur. Un Apôtre possède un trésor – « Christ est ressuscité ! » – qu’il porte dans une personne ordinaire.
Peut – être va -t-il être jugé par les autres comme ordinaire, c’est-à-dire comme une personne qui ne vaut pas trop la peine qu’on s’attarde avec lui.
C’est comme cela qu’un jour, j’étais dans une rencontre de responsables charismatiques. A l’époque, j’étais tout jeune responsable. Je trottinais derrière notre bon berger, le Père Bertrand Lepesant, pour apprendre le métier de responsable du Renouveau. J’entrais dans ce milieu des fondateurs de communautés nouvelles. Il m’est arrivé une scène qui m’a fait beaucoup souffrir mais qui, ensuite, s’est bien terminée. Je n’ai pas un look terrible, je le reconnais.
Le matin, nous prenions notre petit -déjeuner en self. Voici qu’un des responsables charismatiques arrive avec son bol. Admiratif, je me dis : « Ça alors, je vais déjeuner avec un tel ! » Il s’assoit. Il avait l’air déçu s’asseoir là. Pendant qu’il s’assoit, il regarde autour de lui pour voir s’il n’y a pas mieux. Et il trouve mieux : il y a un évêque à la table à côté ! Il prend son bol et s’installe à côté de l’évêque ! Ce jour -là, je me suis senti très ordinaire.
Je n’étais pas intéressant pour lui.
Je peux dire qu’à cet instant -là, je suis mort à quelque chose – c’est bien de la mort, de la croix dont je parle ici – je suis mort à l’illusion qu’en entrant dans la cours des grands, je deviendrais grand. Vous savez, quand on dit :« Ah ! Je connais un tel. » Vous avez été invité à une garden-party, vous étiez la deux millième personne au fond du parc avec le député un tel. Et vous dites : « Je connais le député un tel. » Or, vous l’avez vu à 500 m ! Et lui ne vous a même pas vu ! Mais on a besoin de dire : « Je connais le député. » Pour ma part, je connaissais les responsables du Renouveau Charismatique français, mais en réalité, je ne connaissais personne. Cela m’a crucifié dans mon désir d’être quelqu’un. Je voulais être comme Jésus, « un grand », un de ceux qui sont à sa droite ou à sa gauche. Il s’est alors passé quelque chose d’extraordinaire. Ce responsable charismatique était prêtre. Ce matin-là, c’était à lui de célébrer la messe qui avait lieu juste après le petit -déjeuner. Pour ma part, à ce moment- là, j’étais encore meurtri. J’avais mal. Vous pouvez imaginer les sentiments que je
nourrissais ! Des sentiments pas très chrétiens, des sentiments simplement humains. Je me disais : « Je ne vaux rien ! ».
Je ne pouvais même pas croire dans la messe que ce prêtre allait célébrer. Il commence alors la célébration avec beaucoup de ferveur. Puis tout d’un coup,
il s’arrête… Il quitte l’autel, il va au fond de la chapelle, il me prend par la main et il me place à côté de lui, derrière l’autel ! Je suis resté à côté de lui pendant toute la célébration. «Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. » (Mt 20,16).
Celui qui m’avait crucifié, me ressuscitait. Dans sa chair, il m’avait méprisé au sens où, pour lui, je ne valais pas un petit-déjeuner. Mais dans l’Esprit, il avait compris son péché. Il est venu me chercher. À cette époque, je n’étais pas encore prêtre. Prophétiquement, il m’a placé derrière l’autel à la place du prêtre ! Plus tard, je le suis devenu, sans doute pas seulement à cause de cela. Mais c’était tout à fait impressionnant. C’est crucifiant lorsqu’on est quelque part et qu’on est considéré comme quelqu’un d’ordinaire. Mais l’apôtre Paul ne dit -il pas : « Nous ressemblons à des gens qui portent un trésor dans des poteries sans valeur. »?
Le but de cela, c’est que les gens ne disent pas : « Ah ! L’évangile de Bernard, c’est tout de même quelque chose de très bien ! ».
Non, il s’agit de mettre en avant l’évangile de Jésus-Christ, que Bernard prêche,… sans doute, -il faut bien des prédicateurs pour qu’on entende la Parole de Dieu. Il s’agit bien de l’Evangile de Jésus-Christ.
La poterie sans valeur n’est pas sans valeur pour Dieu ; elle est sans valeur pour les hommes. Une occasion de goûter ce que c’est que la mort, c’est d’accepter, à certains moments de notre vie, d’être mal considérés ou de ne pas être considérés à notre juste valeur. Ainsi, un jour, je suis arrivé au Centre de Traumatologie d’Illkirch – Graffenstaden parce que j’avais eu un accident. On m’a alors mis dans un fauteuil roulant.
À l’époque, j’étais jeune médecin, interne à l’hôpital. J’étais tout petit dans mon trop grand fauteuil roulant. On m’a mis devant le grand bureau de la dame de l’Accueil. Elle s’est alors penchée vers moi et m’a demandé : « Tu vas à l’école où ? ».

Vous savez, j’ai de l’entraînement parce que des histoires comme celle-là, j’en ai vécu beaucoup ! En moi, il y avait une sorte de révolte, de réaction : « Mais vous ne savez pas à qui vous parlez ! ».

Cependant, cela, je ne l’ai pas dit. Plus tard, en réfléchissant à ma réaction, je me suis demandé : « Ai -je tant besoin que l’on me considère comme un grand pour être quelqu’un ? ».
En effet, lorsqu’on cherche à se rehausser, c’est parce qu’on nous a abaissés. Mais le Seigneur, Lui, ne nous rehausse -t-il pas ? Il y a donc à mourir. Et si moi,
avec des expériences comme celles-là, je dis : « Christ est ressuscité ! » et que dans le tramon me répond : « Ah bon ! Explique -moi cela. » Eh bien, je lui raconte des histoires comme celle-là. J’étais mort, et je suis ressuscité. Comprenez-vous où cela se passe d’abord ? Mourir,ce n’est pas que mourir sur des barricades. Les autres nous font mourir. Le premier sens de « poteries sans valeur », c’est donc l’humilité, la modestie.
Le deuxième sens de « poteries sans valeur », c’est que ça se casse.
Une poterie en argile n’est pas solide. Elle est fragile. Être quelqu’un de fragile, c’est d’un autre registre qu’être quelqu’un d’ordinaire, même si le sens est très proche. Il s’agit de la fragilité dans le sens de la vulnérabilité. Ce mot vient de vulnus, la blessure, c’est -à-dire « blessable », si l’on peut dire cela en français. Nous sommes tous des gens « blessables ». On est facilement « blessable».
Un rien nous blesse.
Or, nous passons notre temps à masquer nos fragilités. C’est tellement difficile d’oser nous montrer dans nos fragilités. Ici, dans ce chantier, nous essayons de mener une vie communautaire tous ensemble, alors que nous ne nous connaissons pas. En effet, nous ne vivons pas toute l’année ensemble. Cependant, nous essayons de mener une vie communautaire digne de ce nom, c’est-à-dire une vie où la fragilité n’est pas une tare et où l’excellence n’est pas le premier critère. Vous connaissez le principe d’excellence dans les entreprises : le meilleur, le plus rentable, le plus performant, le plus productif, le plus intelligent,… Or, on a le droit d’être idiot à certains moments ! On a le droit de foirer un peu. Pourtant, on se rend compte qu’on est aimé quand -même. Et de surcroît,-cela, Jean-Paul
nous le dit souvent – on peut même en parler ! Une fois que c’est parlé, c’est terminé ; on n’en fait pas une affaire. Pourtant, certains diront : « Ça ne se fait pas ! N’est-ce pas ? ».
C’est bien dommage car si cela ne se fait pas, cela reste enfoui en nous et cela produit de l’amertume, cela produit des jugements les uns par rapport aux autres. Au lieu de se le dire, on le pense.
Et on pense tellement de choses les uns sur les autres qu’au bout d’un moment, nos relations ne sont plus en vérité. Cela produit beaucoup de dégâts.
Donc, être apôtre de Jésus ressuscité, cela signifie apprivoiser sa fragilité, accepter d’avoir raté quelque-chose, de ne pas avoir tenu une promesse, de s’être laissé emporté par ses passions. C’est accepter qu’un frère me reprenne, accepter aussi de demander pardon de ses erreurs, accepter d’être pardonné. Comme disait le père François Varillon s.j., dans un de ses écrits :
« Accepter de n’être que ce que nous sommes et demander pardon de n’être que ce que nous sommes. » En effet, en n’étant que ce que nous sommes, nous heurtons parfois les autres, sans aucune intention de mal faire. Lorsqu’on fait cette expérience, et qu’on apprend à la vivre paisiblement en Christ –sinon, on est tout simplement pas humain, et la vie se déshumanise- alors, on peut dire : « Christ est ressuscité ! »;
« J’ai loupé un truc, j’ai raté un objectif, je n’ai pas été fidèle, mais je n’en suis pas mort, puisque je suis vivant. Je ne suis pas mort définitivement. J’ai vécu une pâque, pas une mort qui me tue, mais une résurrection, une mort de résurrection, quelque chose qui me fait vivre plus. »
Le troisième sens que je vois dans les termes « vases d’argile » c’est lorsque ce vase s’expose dans un lieu où ce serait peut-être mieux d’être un pot de fer. Vous connaissez l’histoire du pot de terre et du pot de fer. Le monde est dur et les êtres humains s’entrechoquent beaucoup.
Au travail, dans le monde de l’entreprise,… De la sorte, on pourrait croire qu’il faut être un pot de fer, et pas un pot de terre. Or, en osant y aller comme un vase d’argile, c’est une manière de dire : « Je ne crains pas la mort parce que mon Seigneur est vivant ! ».
Du coup, c’est comme si cela pouvait, potentiellement, désarmer l’homme fort, celui qui se promène dans la vie avec une armure. Il est protégé dans son armure de haut en bas. Il porte l’épée, le bouclier ; il a tout. Et nous, nous venons en short sur le champ de bataille de la vie ! Il y a là quelque chose à apprendre de comment être vulnérable, comment exposer la Bonne Nouvelle jusque dans notre chair, au point d’être crucifié par des gens malveillants. C’est arrivé à Jacques, c’est arrivé à plusieurs disciples. C’est arrivé à Jésus. Vous comprenez alors mieux la phrase un peu étonnante où Paul affirme qu’il laisse travailler
la mort en lui : « Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. ».
Vous comprenez bien qu’il s’agit là d’une expérience. Nous la connaissons, cette expérience. La Parole de Dieu nous permet de lui donner un sens, sinon, elle serait vécue comme si nous subissions la vie : « Ah, j’ai pris des coups. Un tel m’a maltraité. Un tel m’a calomnié. On ne m’aime pas, on me rejette.»
C’est exactement de ça dont il est question lorsque Paul affirme: « Nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés, terrassés, mais non pas anéantis. » Notons ce « mais pas » que Paul écrit à quatre reprises. « Parce que le Christ est vivant en moi et qu’il me tient debout, je n’ai pas un besoin absolu d’avoir une bonne réputation, que tout le monde m’aime, qu’on m’apprécie à ma juste valeur. Je peux vivre sans cela, à cause du Christ. Si on me l’enlève, on ne me tue pas. » .
Vous savez aussi que la vie nous enlève parfois bien des choses. Il suffit d’un accident, d’un problème de santé, pour, tout d’un coup, ne plus être opérationnel. « Je ne peux plus faire ceci, je ne peux plus faire cela. » .
Cela, c’est mourir.
Alors, soit je me lamente, soit je laisse la croix de Jésus me parler et je me dis : « Je suis terrassé mais pas anéanti. Partout et toujours, je subis dans mon corps, la mort de Jésus. » Paul rajoute : « La mort fait son œuvre en nous et la vie en vous. » C’est la mort en nous et la vie en vous. Il faut bien comprendre cette phrase. Si nous ne laissons pas la mort faire son œuvre en nous, la mort qui de toutes façons nous assaille, – à chaque seconde, meurent des cellules de notre corps – , et si nous n’accompagnons pas cette mort avec la victoire de Jésus, nous ne connaîtrons jamais en nous la vie de résurrection. Notre discours sera creux. Nous n’avons rien à annoncer si nous ne passons pas nous – mêmes dans la Pâque du Seigneur.
Nous n’avons rien à annoncer si nous ne connaissons pas ce que c’est que de mourir et si nous ne connaissons pas ce que c’est que de ressusciter. Nous ne serons jamais des ressuscités si nous ne mourons pas ! Et si nous sommes peu vivants, c’est peut -être que nous sommes peu morts ! Comprenez-vous ce paradoxe ? Nous sommes, en fait, comme ces gens qui sont comme des boîtes de conserve. La vie qu’ils ont reçue, ils se la gardent. Tout est fermé : il n’y a rien qui entre, rien qui sort. Comme cela, ils sont tranquilles. Ce sont des morts en conserve ! Nous sommes peu vivants si nous sommes peu morts !
Pour notre part, nous sommes en communauté apostolique. Apostolique, cela veut dire « envoyés pour annoncer », pour mourir, frères et sœurs. Et chacun de mes frères et sœurs ici présents pourraient dire à tour de rôle : « Je vous raconte ma dernière mort. ».
Il s’agit d’une mort communautaire, s’il vous plaît ! Comment la Communauté nous fait-elle mourir ? Mais aussitôt après, il faudrait faire un deuxième tour pour dire aussi comment on ressuscite. Sinon, ce serait un peu triste. Mais, il n’y a rien de triste. Nous nous entraînons à expérimenter la Pâque du Seigneur, puisque nous sommes des annonciateurs de la Pâque du Seigneur. Pour que notre discours ne soit pas vide, il faut que notre chair parle.
Aujourd’hui, je vous invite donc à repérer les petites choses –ou les grandes- qui vous font mourir, puis à placer cette mort dans la Pâque de Jésus, c’est-à-dire dans sa mort et sa résurrection. Par exemple, dès que nous sentirons monter en nous une plainte-« C’est pas juste ! etc » -, plaçons cela dans la Pâque de Jésus, afin que Jésus vienne vivre nos morts en nous. Afin que nos morts, en Lui, deviennent de la vie. Que le mystère de la croix s’incarne aujourd’hui en nous. Alors, je dirai à Jésus : « Jésus, je veux vivre cela avec toi. Je veux vivre cela en toi. Donne – moi de ne pas réagir selon la chair, mais selon l’Esprit, avec toi. ».
Et puis, vous verrez comment Jésus transforme la situation. Ce qui pourrait être un cul-de-sac,-« Ça y est, on m’a donné un coup d’arrêt ! » – devient en fait un chemin. « Je suis le Chemin, je suis la Vérité, je suis la Vie. » (Jn 14,6).
Il faut que ces paroles deviennent réalité dans nos vies pour que notre témoignage soit crédible. Comment mourons-nous ? Une sœur bien -aimée qui est désormais près du Seigneur, au Ciel, disait dans une retraite que nous animions ensemble : « C’est quoi tous ces : « Je ne veux pas mourir » ? ».
C’était le titre de l’une de ses conférences. De la part de chrétiens, c’est choquant de ne pas vouloir mourir, parce que si nous ne mourons pas, nous ne ressuscitons pas. Et si nous ne ressuscitons pas, notre discours est creux. Vous semblez un peu consternés. Vous savez, la mort vient toute seule. Il
n’y a pas besoin d’aller la chercher. C’est la vie qu’il faut chercher.
Maintenant, nous avons l’eucharistie du Seigneur. L’eucharistie du Seigneur nous transporte tous au pied de la croix, dans le mystère du Golgotha. Par l’eucharistie, nous sommes contemporains de l’événement de la mort-résurrection de Jésus. Alors, jetons-nous tous ensemble dans cette eucharistie.
Apprenons de Jésus, cet exercice de mourir et de ressusciter. Et nous verrons ensuite comment le mettre en œuvre dans notre journée.
Amen
P.Bernard Bastian




 

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